mardi 31 mars 2015

Massacre : Le Mexique dans tous ses démons



paru dans CQFD n°126 (novembre 2014), par Bruno Le Dantec
mis en ligne le 17/12/2014 - commentaires
« Au Mexique, c’est tous les jours le jour des morts », affirmait une banderole lors d’une manifestation d’étudiants, profs et parents des 43 normaliens disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’état du Guerrero. Le cadavre d’un des jeunes a été retrouvé le lendemain des faits avec la peau du visage et les yeux arrachés. L’ultra-violence endémique qui déchire le pays – avec ses dizaines de milliers de morts au nom de la « guerre au narcotrafic » –, a pris ce jour-là un tour démentiel. Comment expliquer que des policiers municipaux abattent six personnes et en fassent disparaître 43 autres pour « donner une leçon » à des élèves de l’école normale rurale d’Ayotzinapa qui manifestaient ? Quel intérêt ont les narcos – qu’on accuse d’avoir pris livraison des 43 étudiants des mains des policiers pour ensuite les trucider et les enterrer dans des fosses clandestines – à se mêler du maintien de l’ordre dans une ville de province ?
On savait que les mafias de la drogue avaient infiltré des pans entiers de l’appareil d’État mexicain. On découvre soudain que ces « familles » qui se partagent à feu et à sang le territoire ont diversifié leur business. L’ancrage local est devenu primordial, non seulement pour assurer la tranquillité des passeurs de cocaïne, mais aussi pour arrondir les bénéfices avec l’extorsion d’argent public et privé. L’étape suivante a été de placer des hommes de paille à la tête des municipalités, comme le maire d’Iguala, aujourd’hui en fuite.
Les « familles » ne peuvent régner que sur une société désarticulée. Là où les solidarités sociales opposent un contrepoids à cette déliquescence – comme c’est le cas au Guerrero, avec entre autres le phénomène des “polices communautaires” –, la mafia lâche ses sicaires. « Le massacre des étudiants d’Ayotzinapa est une action stratégique et préméditée pour semer la terreur et soumettre la société locale, analyse l’universitaire Guillermo Trejo. Ce faisant, le groupe mafieux Guerreros Unidos réaffirmait son pouvoir face aux mouvements sociaux et, par la même occasion, lançait un message aux entrepreneurs et commerçants qu’il rackette. »
Le symbole est puissant  : au moment de leur assassinat, les normaliens réquisitionnaient des bus pour se rendre à la commémoration du massacre de la place Tlatelolco, le 2 octobre 1968, où des dizaines d’étudiants avaient été mitraillés par l’armée pour faciliter la bonne tenue des jeux Olympiques. « Dans le massacre d’Iguala convergent passé, présent et futur. Comprendre ce massacre uniquement comme un acte atroce du crime organisé, c’est voir le présent sans comprendre le passé. Mais interpréter cet abominable événement uniquement comme un crime d’État, c’est regarder le présent avec les yeux du passé. » (Guillermo Trejo) Le 26 septembre 2014 marque déjà ­l’histoire du pays. Il met à nu l’interpénétration des cartels de la drogue, de l’État et de tous les partis politiques mexicains [1]. La réponse ne peut plus qu’être sociale.

Notes


[1Le maire d’Iguala en fuite et le gouverneur du Guerrero, forcé à démissionner, sont encartés au PRD, parti « de gauche ».

Les enfants rebelles d’Ayotzinapa





La grande presse l’a évoqué pour ne plus en dire grand-chose ensuite : le 26 septembre dernier, à Iguala, dans l’État de Guerrero, au Mexique, six étudiants ont été tués et quarante-trois autres kidnappés par une force répressive mélangeant, en un cocktail sanglant, policiers et narcotrafiquants affiliés au cartel Guerreros Unidos. Ces malheureux faisaient partie d’une centaine d’étudiants de l’école normale rurale d’Ayotzinapa venus manifester contre la réforme libérale de l’enseignement, laquelle menace de fermeture nombre d’écoles normales rurales (au nombre de quarante-six en 1922, elles sont désormais dix-sept, dont deux sont en passe d’être fermées). Retour sur un énième crime d’État.

Ayotzinapa, la rebelle
L’école normale rurale d’Ayotzinapa – qui forme de futurs professeurs d’écoles – est depuis longtemps connue pour l’engagement militant de ses élèves et professeurs, qui fait d’elle un véritable centre de contestation politique et sociale dans cette partie du Mexique. Son fonctionnement même traduit cette volonté de porter en elle un monde nouveau, bien différent du modèle capitaliste et autoritaire dominant : pour y entrer, il faut prouver que l’on est pauvre ; les projets des élèves souhaitant, après leur formation, partir enseigner dans les communautés rurales sont encouragés et privilégiés ; les décisions qu’implique la gestion collective de l’école sont prises lors d’assemblées réunissant tous les acteurs de la structure ; etc. Dans un État, le Guerrero, réputé pour sa grande pauvreté et l’extrême violence des rapports sociaux, l’école normale rurale d’Ayotzinapa, située à trois heures de route de Mexico, est un îlot de résistance et d’espoir, un phare qui lutte pour continuer à briller et à apporter un peu de lumière et de chaleur aux populations écrasées sous le joug narco-policier.

Une répression sanguinaire
Que s’est-il donc passé le 26 septembre ? Ce vendredi-là, la centaine d’étudiants s’est rendue à Iguala à bord de deux autobus en vue de participer à la manifestation contre la réforme de l’enseignement. Interceptés par la police municipale à la sortie de la ville, ils ont tenté de dialoguer avec les agents pour obtenir le droit de passer, mais ils n’ont eu pour seule réponse que le bruit des armes à feu. Trois des étudiants venus parlementer sont ainsi tués sur place, cinquante-sept autres sont arrêtés et disparaissent ; les autres s’enfuient comme ils peuvent dans les collines alentours – trois autres jeunes seront aussi tués un peu plus tard par la police. Un des étudiants rescapés a ainsi décrit la scène à un journaliste d’El País : « Ils ont fait feu sur un copain presque à bout portant. La balle lui est entrée dans la mâchoire et lui a explosé la tête. Il était méconnaissable. Ils ont continué à tirer et nous avons pris la fuite comme nous avons pu. Nous étions cernés par des voitures de police, des policiers, et j’ai même vu des gens en civil 1. » Le lendemain, toujours selon El País, lorsque le jeune étudiant se rend à la morgue pour identifier le corps d’un des tués, il peine à le reconnaître : « L’étudiant était défiguré : on lui avait lacéré le visage au cutter et arraché les yeux », écrit le journaliste. La barbarie policière ne connaît aucune limite, surtout quand elle se conjugue avec celle des narcos, connus pour les mises en scène macabres de leurs crimes.

Rendez-nous nos camarades !
Si quatorze des cinquante-sept étudiants disparus sont réapparus depuis l’enlèvement, quarante-trois restent encore introuvables. Samedi 4 octobre, six fosses contenant vingt-huit cadavres, dont plusieurs découpés en morceaux et calcinés, ont été découvertes près d’Iguala. Dans la foulée, le procureur de l’État, Iñaky Blanco, a annoncé qu’il s’agissait très probablement des restes des étudiants kidnappés, d’autant que, dans la foulée, deux narcos ont avoué avoir tué dix-sept des quarante-trois manifestants. Pourtant, les familles et les proches des victimes n’ont depuis cessé de dire que ces corps ne sont pas ceux des étudiants disparus ; et ce d’autant que les alentours d’Iguala sont connus pour leurs « cimetières sauvages » où les victimes des narcotrafiquants et des flics sont enterrées en masse (pour la seule année 2014, plus de quatre-vingts corps y ont été découverts). Mercredi 15 octobre, les expertises ADN réalisées sur les vingt-huit cadavres des six fosses communes ont donné raison aux proches des victimes : ce ne sont pas ceux des étudiants kidnappés.
L’espoir de retrouver les étudiants en vie est donc toujours permis et il habite encore les mobilisations de la société civile mexicaine. Un espoir qui, d’ailleurs, ne se contente pas d’attendre passivement, mais qui vit et s’exprime au rythme de nombreuses et vastes mobilisations populaires qui envahissent littéralement les artères des villes dans tout le Mexique. Au Chiapas, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a ainsi organisé, le 8 octobre dernier, une marche silencieuse de vingt mille zapatistes dans les rues de San Cristóbal de Las Casas. Dans un communiqué, le sous-commandant insurgé Moisés a affirmé, au nom de l’EZLN, partager la souffrance des proches : « Vous n’êtes pas seuls. Votre douleur est notre douleur. Nôtre est aussi votre digne rage. » Et d’appeler, ensuite, les « compañeras et compañeros de la Sexta au Mexique et dans le monde […] pour qu’ils se mobilisent selon leurs moyens et modes, en soutien à la communauté de l’école normale d’Ayotzinapa, et pour la demande d’une vraie justice ».

Aveux coupables
Les manifestations de soutien aux étudiants d’Ayotzinapa étant nombreuses et légitimement très conflictuelles, le procureur de l’État de Guerrero a été contraint de reconnaître officiellement la collusion entre la police et le cartel Guerreros Unidos, en confirmant publiquement que le responsable de la répression était bien le directeur de la sécurité publique d’Iguala (un certain Felipe Florez), que les policiers avaient effectivement sollicité le soutien des Guerreros Unidos et que le chef de ces derniers, le sinistre El Chucky, avait bien ordonné le kidnapping et le meurtre des étudiants. Mais ces aveux ont tardé à venir, et les deux principaux responsables publics – le directeur de la sécurité et le maire d’Iguala – ont pu prendre la fuite sans être inquiétés. Eux aussi, désormais, sont introuvables, mais on les imagine dans un tout autre confort que celui des fosses communes des cartels.




1. Juan Diego Quesada, « Ayotzinapa, l’école militante des étudiants disparus », El País, 11 octobre 2014.

Ils nous en manquent 43

  1. Abel García Hernández
  2. Abelardo Vázquez Peniten
  3. Adán Abrajan de la Cruz
  4. Alexander Mora Venancio
  5. Antonio Santana Maestro
  6. Benjamín Ascencio Bautista
  7. Bernardo Flores Alcaraz
  8. Carlos Iván Ramírez Villarreal
  9. Carlos Lorenzo Hernández Muñoz
  10. César Manuel González Hernández
  11. Christian Alfonso Rodríguez Telumbre
  12. Christian Tomas Colón Garnica
  13. Cutberto Ortíz Ramos
  14. Dorian González Parral
  15. Emiliano Alen Gaspar de la Cruz
  16. Everardo Rodríguez Bello
  17. Felipe Arnulfo Rosas
  18. Giovanni Galindes Guerrero
  19. Israel Caballero Sánchez
  20. Israel Jacinto Lugardo
  21. Jesús Jovany Rodríguez Tlatempa
  22. Jonas Trujillo González
  23. Jorge Álvarez Nava
  24. Jorge Aníbal Cruz Mendoza
  25. Jorge Antonio Tizapa Legideño
  26. Jorge Luis González Parral
  27. José Ángel Campos Cantor
  28. José Ángel Navarrete González
  29. José Eduardo Bartolo Tlatempa
  30. José Luís Luna Torres
  31. Joshvani Guerrero de la Cruz
  32. Julio César López Patolzin
  33. Leonel Castro Abarca
  34. Luis Ángel Abarca Carrillo
  35. Luis Ángel Francisco Arzola
  36. Magdaleno Rubén Lauro Villegas
  37. Marcial Pablo Baranda
  38. Marco Antonio Gómez Molina
  39. Martín Getsemany Sánchez García
  40. Mauricio Ortega Valerio
  41. Miguel Ángel Hernández Martínez
  42. Miguel Ángel Mendoza Zacarías
  43. Saúl Bruno García




lundi 30 mars 2015

Ayotzinapa (Mexique) : notre douleur, notre rage


Communiqué International


1757Mexique
Et, maintenant, comment faire pour continuer à avancer dans cette nouvelle étape ? Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique se voit tel qu’il est et le monde à nouveau découvre une réalité que l’on ne peut plus cacher et qui s’est révélée de la façon la plus terrible qui soit. Iguala est le lieu où le Mexique de douleur et de mort ne peut plus ignorer sa réalité, c’est le lieu qui a empli le monde entier d’indignation, c’est le lieu où le secret muet s’est converti en un cri de douleur et de rage. Quarante-trois étudiants disparus, trois étudiants assassinés. Tous assassinés et disparus à Iguala, tous assassinés et disparus par l’État. Tous assassinés et disparus par le pacte d’impunité qui lie la classe politique.

Mais, désormais, il ne suffit plus de parler d’impunité, car les institutions qui auraient dû exercer la justice non seulement ne le font pas mais elles se protègent elles-mêmes de leurs propres délits ; en réalité nous sommes devant un système qui trouve toujours comment et qui punit, de façon exemplaire et spectaculaire (coupable ou innocent), afin de pouvoir garder intacts le grand commerce de la corruption et les structures brutales du pouvoir qui maintiennent le pays entier submergé par la violence.

Au Mexique, ce n’est pas le système qui est corrompu, c’est la corruption qui est le système. Ce n’est pas qu’il y a de plus en plus de « vides » de l’État, mais c’est que ce qui apparaît comme des « vides » est en réalité plein de la nouvelle mutation de l’État mexicain : le Narco-État. Le couple Abarca (qui dirigeait jusqu’alors Iguala) est une terrifiante démonstration du lien entre le gouvernement et le crime organisé, mais le pire c’est que ce n’est pas le seul ni le pire exemple, c’est précisément un exemple de ce que sont devenues les institutions du Mexique. À Iguala, les 43 étudiants d’Ayotzinapa sont également la terrible preuve que les actions du Narco-État sont contre-insurrectionnelles, qu’elles cherchent la criminalisation des luttes, qu’elles cherchent à contrôler par la terreur, qu’elles cherchent le génocide de l’espoir.

Dans ce Mexique brisé, « sécurité » signifie « vivre terrorisé », entouré de militaires et policiers, surveillé en permanence. Dans ce Mexique brisé, les appareils des droits de l’homme sont utilisés pour s’assurer que les véritables agresseurs échappent à la justice et puissent continuer à agresser.
Dans ce Mexique brisé, l’ex-maire d’Iguala, José Luis Abarca, est accusé de nombreux délits, mais pas de celui qui entraînerait la reconnaissance de la responsabilité de l’État, celui de disparition forcée.

Dans ce Mexique brisé, María de los Angeles Pineda est maintenue aux arrêts pendant quarante jours et Noemi Berrument Rodriguez, protectrice du couple accusé, est laissée en liberté, tandis que ceux qui s’opposent au système, ceux qui défendent la terre, ceux qui exigent justice, ceux qui se solidarisent avec les familles des 43 étudiants disparus par l’État, ceux qui éclatent d’indignation, sont immédiatement emprisonnés.

Dans ce Mexique brisé, le pouvoir se scandalise lorsque quelqu’un brûle une porte en bois, tandis que pour les centaines de milliers de morts, les centaines de milliers de disparus, les centaines de milliers de déplacés, il n’y a que des montages médiatiques, de longs procès bureaucratiques, de fausses condoléances, mais jamais de justice.

Le message derrière la façon dont tout a été fait à Iguala, derrière les milliers de morts et de disparus dans tout le Mexique, c’est qu’aucune vie n’a de valeur, et que, depuis ces « nouvelles institutions », la façon de gouverner c’est désormais la mort.

Pour toutes ces raisons, après que le monde ait espéré, par une enquête rigoureuse une réponse quant à la situation des 43 normaliens disparus, il est indigne et douloureux de constater que les enquêteurs aient montré non seulement leur incompétence, mais également un impressionnant manque du minimum de respect envers les familles des victimes et, à travers elles, envers toute la société, car leur unique objectif est de biaiser les enquêtes afin d’occulter la vérité.

L’indignation a grandi, a débordé les places, croissant semaine après semaine. Les manifestations, les actions, les grèves démontrent que, malgré les mensonges, les montages, les calomnies et les tromperies de la part du « gouvernement mexicain », toujours absent lorsqu’il s’agit de donner des réponses, le peuple mexicain et d’autres parties du monde ont fait leur le slogan : « Vivants ils les ont pris, vivants nous les voulons ». Dans de nombreux endroits, aussi bien au Mexique qu’à l’extérieur du pays, des étapes importantes ont été franchies rapidement vers de nouveaux cris qui résonnent : « Nous ne vous croyons pas » ; « C’est un coup de l’État » ; « C’est bon, j’en ai marre » ; « Nous sommes tous Ayotzinapa ».

À Iguala, la logique politique est devenue visible, celle qui a fait que, dans notre pays, 180 000 morts nous font mal et que nous continuons d’attendre plus de 20 000 disparus. Aujourd’hui, nous rejoignons la rage active des pères et des mères des étudiants disparus, aujourd’hui nous leur disons que nous attendons que les 43 reviennent, que nous ne croyons pas à la farce par laquelle ils espèrent balayer cette indignation et cette rage générale. Ayotzinapa est le début de quelque chose qui grandit dans les salles de classe et dans les rues.

Ces dernières semaines, un mouvement qui clairement identifie qui ils sont est en train de naître. Dans ce nouveau processus, la peur est en train de reculer, il devient impossible de rester simple spectateur et cela ouvre la possibilité de se demander comment faire pour que notre énergie sociale parvienne à ouvrir une voie qui permette à la société, depuis le bas, d’imposer au gouvernement la vérité avec toutes ses conséquences. Comment continuer à avancer dans cette nouvelle étape ?

Ayotzinapa ne fait pas seulement mal au Mexique, c’est le monde entier qui a mal.

Signatures individuelles :
CANADA: Naomi Klein; 
ÉTATS-UNIS: Noam Chomsky; Michael Hardt; Hugo Benavides (Fordham University);
 URUGUAY: Raúl Zibechi; 
ÉTAT ESPAGNOL: Manuel Castells; Carina Garcia Sanagustin; 
BOLIVIE: Oscar Olivera; 
ARGENTINE: Nico Falcoff;  
COLOMBIE: Dora Muñoz; Constanza Cuetia;  
ALLEMAGNE: Sebastian Wolff (Instituto de Investigaciones Sociales, Frankfurt/Alemania); 
BRÉSIL: Kathy Faudry; Jeferson Zacarias; Denise Lopes; Edila Pires; Liliane Bites; Walter Bites; 
PAYS BASQUE : Juan Ibarrondo (escritor); 
 ITALIE: Adele Vigo; Andrea Paletti; Franco Frinco; Carlotta Mariotti; Filipppo Marzagalli;  
MAROC : Josiane Pastor Rodriguez;  
FRANCE: Valentin Gaillard; Mathieu Meyer; Talia Rebeca Haro Barón (PhD Erasmus Mundus Dynamics of Health and Welfare, Ecole de Hautes Études en Sciences Sociales), Michèle Blossier; Patrice Ratheau; Paul Victor Wenner; Myriam Michel; Hilda Leslie Alcocer Martinez; Louise Ibáñez Drillières; Crystel Pinçonnat; Janie lacoste (Enseignante); Michel Puzenat; Pierre Banzet; Régine Piersanti; Dominique Mariette; Nathalie Todeschini; Stéphane Lavignotte- pasteur (Mouvement du christiaisme social); Farid Ghehioueche (Fondateur/Porte Parole de l’organisation Cannabis Sans Frontières); Jean-Pierre Galland, écrivain et co-fondateur du CIRC; KShoo, co-fondateur et porte-parole de la Fédération des CIRCs; Emmanuel Maillard; Myriam Mérino; Ariane Chottin; Valérie Guidoux; Olivier Vendée; Pierre Picquart (Dr en Géopolitique de l’Université de Paris-VIII) ; Antinea Jimena Pérez Castro; Yann Bagot; Emmanuel Rodriguez; Marie Ibanez; Amparo Ibanez; Gilbert Rodriguez; Marie Ibanez; Jacqueline Henry; Catherine Cassaro; Catherine Bourgouin; Susanna Miglioranza; Sylvie Gauliard; Alain Martinez; Colette Revello; Fatiha Mekeri; Dominique Poirre; Laura Binaghi; Jérôme Bauduffe; Nadia Thomas; Matthieu Texier; Paul Obadia; Vincent Robin; Michel Ibañez; Lise Piersanti; Alain Delprat; Catherine Drillières; Colette Revello; Didier Collot; Marianne Petit; Janine Leroy; Suzy Platiel; Aude Lalande; Mansour Chemali; Corinne Mazel; Celia Ibañez; Pauline Delprat; Michel Contri; Ali Abadie; Mercedes Cruceyra; José Griault; Annick Laurent; Gérard Henry; Georges Gottlieb; Janie Lacoste; Michel Ibañez; Pilar Sepulveda; Rafael Sepulveda; Pascal Ibañez; Patrick Derrien ; Hélène Derrien ; Lia Cavalcanti (directrice de l’association Espoir Goutte d’Or); Catherine Faudry (Chargée de mission – pôle « Collectivités Territoriales » Institut Français); Camille Baudelaire;  
MEXIQUE: Álvaro Sebastián Ramírez (Preso Político y de Conciencia de la Región Loxicha); Francisco Barrios “El Mastuerzo”; Oscar Soto; Alejandro Varas; Raquel Gutiérrez Aguilar; Mariana Selvas Gómez; Guillermo Selvas Pineda; Rosalba Gómez Rivera; Martha Nury Selvas Gómez; María Josefina Perez Arrezola; María José Pérez Castro; José Cervantes Sánchez (estudiante ICSyH BUAP); Rosalba Zambrano; Ana María Sánchez; Tamara San Miguel; Eduardo Almeida; Enrique Ávila Carrillo; Ingrid Van Beuren; Leticia Payno; Cecilia Oyorzál; Ignacio Rivadeneyra; María del Coral Morales; Oscar Gutiérrez; Gilberto Payno; Celiflora Payno; Víctor Payno; Patricia Emiliano; Beatríz Acevedo; Francisco Sánchez; Agustina Álvarez; Mariana García; Miguel Ortigoza; José Antonio León; Sergio Cházaro; José Hugo Estrada Zárate; Iliana Galilea Cariño Cepeda; Pablo Reyna; Guillermina Margarita López Corral; Ana María Corro; Lorena Diego y Fuentes; Enrique González Ruiz; Ignacio Román; Cecilia Zeledón; Berta Maria Rayas Camarena; Judith Arteaga Romero (maestrante Defensa y Promoción de los Derechos Humanos UACM); Aurora Furlong; José Luis San Miguel; Alma Ugarte; Juan Manuel Gutiérrez Jiménez.

ORGANISATIONS:
ÉTAT ESPAGNOL : CGT; ASSI (Acción Social Sindical Internaciolalista); Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai – Barcelona; Centro de Documentación sobre Zapatismo (CEDOZ); COLOMBIE : Pueblos en el Camino;  
ALLEMAGNE : Gruppe B.A.S.T.A., Munster;  
BRÉSIL : CSP-Conlutas–Brasil;  
BELGIQUE : Casa Nicaragua-Liège; CafeZ –Liège;  
CORSE: Corsica Internaziunalista; 
PAYS BASQUE : La Federación Anarquista Ibérica de Euskal Herria (FAI); 
ITALIE: Associazione Ya Basta! –Milano; Centro Sociale CasaLoca – Milano; Associazione Ya Basta – Padova; Nodo Solidale (Italia y Mexico); Comitato Chiapas « Maribel » – Bergamo; FRANCE: Les trois passants – Paris; Caracol Solidario – Besançon; Colectivo Grains de sable; Union local de la Confédération Nationale du Travail (CNT31-Toulouse); Secrétariat international de la CNT – France; Tamazgha, asociacion berbères-Paris; Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan); Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG-France); La Fédération des CIRCs – Paris; Comité Tierrra y Libertad de Lille; Réseau latino-américain de Lille; Émission Torre Latino/Radio Campus – Lille; Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL), Paris; Espoir Chiapas – Montreuil; Mut Vitz 13 de Marseille, Terre et Liberté pour Arauco – Paris; Alternative Libertaire 31 – Toulouse;  
ROYAUME-UNI : UK Zapatista Solidarity Network; Dorset Chiapas Solidarity Group; Edinburgh Chiapas Solidarity Group; Kiptik (Bristol); London Mexico Solidarity Group; Manchester Zapatista Collective; UK Zapatista Translation Service; Zapatista Solidarity Group – Essex; MEXIQUE : Enlace Urbano de Dignidad; Nodo de Derechos Humanos; Unidad Obrera y Socialista (¡UNIOS!); Unión de Vecinos y Damnificados « 19 de Septiembre » (UVyD-19); La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión; Colectivo La Flor de la Palabra; Comité de Solidaridad con Mario González, DF; Colectivo de Profesores de la Sexta; Frente del Pueblo; Serpaj; Colectivo « pensar en voz alta »; UniTierra Puebla; Colectivo Utopía Puebla; Colectivo de Salud adherente a la Sexta; Grupo « Salud y Conciencia »
INTERNATIONALES: Internationale des Fédérations anarchistes (IFA); Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique);  
RÉSEAU EUROPÉEN DES SYNDICATS ALTERNATIFS ET DE BASE : Confederación General del Trabajo, CGT – État Espagnol; Union syndicale Solidaires- France; Confederazione Unitaria di Base, CUB – Italie; SUD Vaud, Suisse; Confederacion Intersindical – État Espagnol ; Unione Sindicale Italiana, USI – Italie; Intersindical Alternativa de Catalunya, IAC –Catalunya; Confederazione Italiana di Base, UNICOBAS – Italie; Confédération Nationale des Travailleurs Solidarité Ouvrière, CNT-SO – France; Transnational Information Exchange, TIE – Allemagne; Associazione per i Diritti dei Lavoratori Cobas, ADL COBAS – Italie; Solidaridad Obrera, État Espagnol; Confédération Nationale du Travail, CNT –France; Sindacato Autorganizzato Lavoratori Cobas, SIAL COBAS – Italie; Sindacato Intercategoriale Cobas Lavoratori Autorganizzati, SI COBAS – Italia; Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση, ESE – Grèce; Union Syndicale Etudiante Fédération Générale du Travail de Belgique, USE –Belgique; Ogólnopolski Związek Zawodowy Pielegniarek i Poloznych, OZZ PIP –Pologne; Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza, OZZ PIP– Pologne; 
ORGANISATIONS ÉTUDIANTES : Solidaires Étudiant-e-s, France; Union Syndicale Étudiante, Belgique; SUD étudiants et précaires, Suisse.

samedi 28 mars 2015

Vidéos

13.01 Vidéo de parents des 43 qui ont réquisitionné un camion de Coca Cola pour entrer dans une caserne militaire

26.01 Discours du porte parole des parents d'Ayotzinapa à 4 mois de leur disparitions (autre video et ici)

Chronique d'Ayotzinapa, pour mieux comprendre

Conférence de presse des parents d'Ayotzinapa lors de leur venue à San Cristobal de Las Casas


Chronologie

@ EC

Le 26 septembre 2014, une centaine d´étudiants de l’École normale rurale d’Ayotzinapa, état du Guerrero, partent réquisitionner plusieurs autobus en prévision d’une grande manifestation dans la capitale mexicaine, en mémoire des massacres du 2 octobre 1968. Arrivés à Iguala, ils essuient des tirs de la police. 6 personnes trouvent la mort, et il y a plusieurs dizaine de blessés. 3 étudiants meurent, un joueur de foot de 15 ans, une femme dans un taxi et le chauffeur d'un des bus.

 Le corps de l’un des étudiants, Julio César Mondragon, est retrouvé le lendemain, la peau de la tête arrachée, ainsi que les yeux. Et 43 étudiants restent introuvables, après avoir été embarqués par la police municipale puis donnés aux membres du groupe de narcotrafiquants "Guerreros Unidos", séparés du cartel des Beltran Leyva. Depuis, aucunes nouvelles des normalistes..

Septembre 2014


26 septembre : Les Étudiants de l’École Normale d'Ayotzinapa ont pris deux bus pour aller à Iguala. Le maire de cette ville, Luis Abarca, a ordonné à la police municipale de les arrêter et a demandé le renfort de la police de Cocula (une ville proche), supposant qu'ils venaient pour boycotter un discours de sa femme, Maria De Los Angeles Pineda. Durant l'arrestation six personnes sont mortes dont trois normaliste ; il y a eut vingt-cinq blessés et quarante-trois autres disparus !

vendredi 20 mars 2015

Ouvrez les casernes, sinon nous le ferons. Ils l’ont dit. Ils l’ont fait!


AYOTZINAPA.


Le 13 janvier 2015, les parents des quarante-trois disparus ont réquisitionnés un camion coca-cola. Puis, tranquillement, ils ont défoncés la barrière du 27ème bataillon d’Iguala. Pour eux, il ne fait plus aucun doute que l’armée est responsable de ce massacre. Après presque quatre mois d’absence, les paroles, les manifestations, les cris, les larmes ne suffisent plus. Ils passent à un niveau supérieur. Spectaculaire.
Une vidéo sur You tube assez incroyable.


Une échauffourée s’est ensuite produite et Omar Garcia, un des survivants du 26 septembre et porte-voix du mouvement a été blessé. Il a failli perdre un oeil, la photo est édifiante.
L’état perd son sang froid semble-t-il.
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Vivos los llevaron!
Vivos los queremos!!