mercredi 6 mai 2015

La caravana en RFI

La caravana en RFI

La mañana del lunes 4 de mayo la caravana tuvo una entrevista en RFI (radio france international) :
Después de ser recibidos por Braulio Moro, todo el equipo encargado de las emisiones para América latina los saludo calurosamente Y Román respondió dándoles las gracias por la cobertura que hicieron a Ayotzinapa!


La emisión empezó y Omar insistió sobre la responsabilidad del gobierno en el caso de desapariciones forzadas y sobre el contexto de violencia generalizado en México (23 000 desapariciones, 150 000 asesinados de manera extrajudicial en 10 anos) siendo que el gobierno firmó un convenio internacional de respeto a los derechos humanos.

Román señalo las recomendaciones que hizo el grupo de expertos internacionales nombrados por la comisión interamericana de los derechos humanos al gobierno mexicano: buscar a los estudiante con vida, recalificar los delitos como desaparición forzada, así como buscar nuevas líneas de investigación .
También menciono a qué punto sería una enorme contradicción de parte de la sociedad francesa, el recibir el próximo 14 de julio a Peña Nieto como invitado de honor de las fiestas nacionales(*) siendo que el ha mostrado su rechazo a seguir estas recomendaciones y que el relator sobre la tortura de la ONU, Juan Méndez, concluyó después de su visita a México que este país "existe la tortura generalizada y se practica como método de investigación "

Eleucadio expresó como el gobierno ha ignorado y engañado a los padres, también mencionó otros masacres como los de Aguas Blancas y del Charco y señaló que la mujer del presidente municipal les propuso dinero que ellos rechazaron.
"no hay justicia para los pobres" "estamos en pie de lucha"
La entrevista se termino con estas palabras de Omar "es una realidad a la cual no podemos acostumbrarnos en México :14 mexicanos desaparecen diariamente, niños, hay trata de blanca, etc…por lo tanto no podemos resignarnos a esa forma de vida (…)nosotros no nos vamos a acostumbrar a que nuestros hijos puedan crecer en ese ambiente"
Por fin, la caravana se fue rápido para continuar su camino que nos llamaba al otro lado de París donde tenía que encontrar a unas de las 60 asociaciones que alberga el CICP( centro internacional de cultura popular)

la emisión de Braulio Moro se escucho este mismo día a las 16h, es decir en Francia pero también en América Latina!
Después, la sección francesa retomo un pedazo del testimonio de Eleucadio en sus noticias del medio día del 5 de mayo contextualizando el pasaje de la caravana por París!
Ese mismo día 5 difundieron 3 veces una versión más corta en francés mientras que la caravana dejaba París por una nueva etapa donde seguramente van a traer animo y sol!

La emisión está en línea de manera permanente y se puede descargar aquí

les invitamos a escucharla : así verán en el correo de los lectores los efectos de la propaganda de los medios mexicanos corruptos criminalizando la caravana y preguntándose con cuales recursos se mueve….Y también verán las numerosos reacciones de la comunidad mexicana en favor de la caravana!

Qué triste constatar que todavía existen personas que no saben lo que es la fuerza de la solidaridad y que no pueden entender que se logró a construir esta caravana gracias al esfuerzo de muchos grupos, individuos y colectivos. Frente a este mundo corrupto por el dinero donde se desprecia, se despoja, se mata, se hace desaparecer a la gente de abajo, el pasaje de la caravana y los esfuerzos que la hicieron posible siembran semillas y las flores de una nueva primavera llena de esperanzas… y de vidas!

(*)Peña Nieto recibió ya, el año pasado, la más alta condecoración honorífica de las manos de François Hollande . Empieza a circular en internet una petición para pedir que François Hollande reconsidere su visita a Francia y se pronuncie claramente frente a las desapariciones de los 43 y del respeto de los derechos humanos en México)



mardi 5 mai 2015

Mexique : trois proches et parents des étudiants disparus sillonnent l’Europe pour obtenir la réouverture de l’enquête

Mexique : trois proches et parents des étudiants disparus sillonnent l’Europe pour obtenir la réouverture de l’enquête

Une délégation de parents et camarades des quarante-trois étudiants mexicains disparus à Iguala en septembre dernier a défilé dans les rues de Paris dimanche 3 mai. Les membres de la Caravane 43 contestent les conclusions rendues par la justice mexicaine, selon lesquelles les étudiants ont été assassinés.
Omar García, étudiant de l’École Normale d’Ayotzinapa et survivant des événements d'Iguala, lors de son passage à Paris 
Omar García, étudiant de l’École Normale d’Ayotzinapa et survivant des événements d'Iguala, lors de son passage à Paris © JTB
« On l’appelle « El Chiquito ». Il a 19 ans. Sa mère dit de lui qu’il est un bon garçon. Il est venu avec beaucoup d’illusions pour étudier. Mais elle ne s’attendait pas du tout à cela. Elle exige du gouvernement qu’il fasse quelque chose. Que son fils réapparaisse », lit à voix haute une femme, sous le regard attentif des autres participants et des Parisiens surpris par cette mobilisation.
Un peu plus loin, un jeune homme s’empare du micro. Il récite un autre texte de son accent chantant : « On l’appelle « Magallón ». Il a 20 ans et est venu étudier à la Normale depuis la région de Costa Chica. Son surnom vient d’un groupe de musique appelé Los Magallones ».
A chaque arrêt, la grosse centaine de participants à la marche de solidarité avec la délégation de parents et camarades d’Ayotzinapa raconte l’histoire de chacun des quarante-trois étudiants disparus le 26 septembre dernier à Iguala, une ville de l’État du Guerrero, au sud du Mexique. Issus de l’École Normale d’Ayotzinapa, ces futurs enseignants devaient se rendre à Mexico pour participer à une marche commémorative du massacre de Tlatelolco, le 2 octobre 1968.
Mais le maire d’Iguala, qui fait alors régner la terreur dans la ville, ordonne à la police municipale de les arrêter. José Luis Abarca craint que les étudiants ne viennent perturber le déroulement d’un événement public organisé par sa femme, Maria de Los Angeles Pineda – qui, elle-même, « dirigeait les activités à Iguala du cartel des Guerreros Unidos ». S’ensuit une attaque sanglante, au cours de laquelle six étudiants sont tués. Cinquante-sept autres jeunes disparaissent.
Huit mois plus tard, quarante-trois étudiants de l’École Normale manquent toujours à l’appel. Selon les conclusions rendues par la justice mexicaine au début de l’année, des policiers corrompus d’Iguala auraient remis les futurs instituteurs au cartel des Guerreros Unidos. D’après l’enquête, les étudiants ont donc été« certainement » assassinés par des tueurs du crime organisé, puis leurs corps brûlés.
Mais, au milieu du cortège qui remonte la rue de Belleville en direction de la station de métro Gambetta, Eleucadio Ortega Carlos n’en croit pas un mot. Avec Omar García, un survivant du massacre d’Iguala, et un représentant du Centre de droits humains « Tlachinollan », ce père de l’un des jeunes disparus parcourt l’Europe depuis la mi-avril pour exiger la réouverture de l’enquête.
« Les corps retrouvés à la sortie d’Iguala ne sont pas ceux de nos enfants », rappelle le père de Mauricio Ortega Valerio, 18 ans, porté disparu avec ses quarante-deux camarades. Quelques semaines après les événements, vingt-huit dépouilles avaient en effet été retrouvées dans des fosses clandestines, mais aucune ne correspondait à ceux des étudiants de l’École Normale d’Ayotzinapa. Seul un corps a, pour l’heure, été identifié par des experts du laboratoire autrichien d’Innsbruck.
« Nous sommes convaincus que nos enfants sont séquestrés et toujours vivants, reprend Eleucadio Ortega Carlos. C’est la raison pour laquelle nous exigeons du gouvernement mexicain qu’il nous rende nos enfants. Jusqu’à cette date, nous continuerons à nous battre et demander l’aide internationale ».
En tête du cortège, un brin de muguet à la main, Omar García compte en outre sur le soutien de la communauté internationale face à la répression que connaît le Mexique. Depuis les événements d’Iguala – qui ont mis à jour les liens entre pouvoir politique et crime organisé –, le régime d’Enrique Peña Nieto prend en effet un dangereux tournant autoritaire.
« L’insécurité est grandissante au Mexique. Les affrontements, les morts se multiplient, s’inquiète l’étudiant de l’École Normale d’Ayotzinapa, malgré son ton ferme. Le gouvernement a par ailleurs un langage très dur contre notre mouvement. A tel point que les médias mexicains commencent à se détourner de nous, comme si l’affaire était close et nos camarades de retour ».
Même s’ils craignent pour leur sécurité, les membres de la délégation de parents et camarades d’Ayotzinapa parcourront plus d’une dizaine de pays européens, à la rencontre de la population civile, avant la fin du mois de mai. « En l’absence d’aide nationale, il est impératif pour nous de continuer à rencontrer les populations européennes, si nous voulons connaître la vérité », estime Omar García. 

mardi 21 avril 2015

Soirée Solidaire à Marseille

Fête Solidaire à Marseille contre la guerre au Mexique pour la visite de la brigade d'ayotzinapa

samedi 18 avril 2015

TOURNEE


17/04/2015
Oslo:

LLEGADA EN OSLO

"Arriba brigada de Ayotzinapa (México) a Europa para recorrido por la presentación con vida de los 43 normalistas desaparecidos

Ås, Noruega, 16 de abril de 2015.- La brigada de Ayotzinapa que participa en la #EuroCaravana43 llegó esta tarde a Oslo, Noruega, el primer punto del recorrido por 13 países de Europa en protesta por la desaparición forzada de los 43 normalistas de Ayotzinapa, Guerrero, México.

"Salimos desde la noche del martes 14 de abril desde Guerrero hacia la Ciudad de México, ahí tomamos el avión hacia Amsterdam. En la ventanilla de migración nos preguntaron si teníamos reservación de hotel, frente a lo cual, en nuestro mal y limitado inglés, les respondimos que teníamos una carta de invitación del Latin-Amerikagruppene, el LAG, que ellxs nos recibirían y nos darían hospedaje. Los oficiales de migración se voltearon a ver entre sí como preguntándose '¿y quiénes serán estos del LAG?', nos voltearon a ver de nuevo y llamaron a otro oficial, nos llevaron a la oficina de migración."

"Nos hicieron esperar treinta minutos para investigar sí todo estaba bien con nuestros papeles, en un momento pensamos que perderíamos el vuelo a Oslo, como le ocurrió a otra chica Hondureña que llevaba dos horas esperando afuera de migración sin saber qué pasaba. Al final salió el oficial, nos entregó nuestros papeles y nos permitió seguir adelante. Oficialmente habíamos entrado a Europa."

"Más tarde, en la sala de espera nos encontramos con un ciudadano noruego, que hablaba "muy bien español" y nos preguntó (viendo la gorra verde olivo y estrella roja de Don Eleucadio) '¿ustedes son cubanos?'. Notamos que él venía de Cuba por la bolsa que traía amarrada a su maleta con el letrero y la bandera de Cuba. 'No señor, somos de México, ¿por qué pregunta?' Respondimos. 'Pasé siete días retenido en la oficina de migración en Cuba todo porque tenía un boleto de avión a México y me resistí a ser cuestionado, me esposaron, forcejé, y me dieron un golpe en la cabeza, pasé siete días, tuve que cambiar mi vuelo y regresar por Panamá' nos contó el señor noruego algo desencantado, con un leve aliento alcohólico. 

"Al final pensamos, bueno, no es nada treinta minutos en comparación con los siete días de este señor, al menos a nosotros no nos dieron en la cabeza. Vaya que las oficinas de migración son todo un caso, ahí lo verán compas si tenemos que tener más cartas de invitación a la mano", comentaron los brigadistas de Ayotzinapa al momento de pensar en todos los vuelos y traslados que faltan. 

Después de un rato llegaron a Ås, un pueblito cerca de Oslo, "lxs compas nos estaban esperando con una rica cena preparada con mucho cariño, a sí se supo, así se sintió, comimos Alce, sabe como a vaca, nomás que más grande y más cuernudo" comentaron. Alguien más dijo, "si nomás que con un leve sabor a campo", y si, muy rico.

Se revisó la agenda, habrá varias actividades, una de ellas, "bien chingona" comentó eufórico  un compa. "Vamos a gritar en la Universidad 'vivos se los llevaron, vivos los queremos' además de comer mucho y platicar con los medios libres, o como se llamen, liberenkunsmedia???  Ya nos dirán", aseguró uno de los brigadistas. 

Es madrugada, debemos despertar pronto para iniciar el día, ya les seguiremos contando cómo es esto de vivir La Otra Europa. "

Ayotzinapa arrive en Europe pour exiger le retour des 43 en vie!

Une brigade d’Ayotzinapa, Mexique, parcourt l’Europe pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants disparus.


  • Les membres de cette délégation exigent que cette demande de présentation en vie soit maintenue malgré l’insistance de l’État mexicain à clore l’enquête et la recherche.
  • Ils demandent à la communauté européenne de maintenir une surveillance internationale face aux actes de répression contre le mouvement social qui exige la présentation en vie des étudiants de l'École normale rurale.
  • Ils demandent le soutien pour mettre en place des garanties réelles de non‐répétition, de respect et d’accès plein et entier aux droits de l’homme.


L’Autre Europe, 16 avril 2015. Une commission de l’École normale d’Ayotzinapa, Mexique, parcourra l’Europe entre le 16 avril et le 19 mai pour informer à la communauté européenne de la poursuite de la lutte des pères et mères de famille pour la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus, malgré la persistance de l’État mexicain à considérer que ces étudiants ont été brûlés sans qu'il en apporte les preuves.
La brigade, composée d’un père de famille, d’un étudiant et d’un défenseur des droits humains, traversera 13 pays du continent européen pour participer à des réunions avec des organisations étudiantes, des collectifs, des organisations sociales et syndicales pour faire un appel à maintenir l’observation internationale sur le Mexique face à la grave crise que subissent les droits de l’homme dans ce pays et pour exiger l’arrêt des actes de répression commis par le gouvernement mexicain contre les étudiants, les pères et mères de famille des 43 étudiants normaliens et le mouvement social qui réclame la présentation en vie des disparus.
Lors des marches et des rassemblements  devant les ambassades et les consulats mexicains, des prises de parole dans les universités, des rencontres avec les communautés organisées, la brigade d’Ayotzinapa partagera ce qu’ont signifié 7 mois de lutte et d’organisation face à la disparition forcée des 43 étudiants à Iguala, au Guerrero, le 26 septembre 2014.
Parmi ses objectifs, la brigade demandera à l'Europe de soutenir l'exigence des pères et des mères de famille d'ouvrir des enquêtes sur la responsabilité de l'armée mexicaine et de la police fédérale dans la disparition forcée des 43 étudiants de l'École normale rurale d'Ayotzinapa, ainsi que de mettre en évidence la responsabilité internationale des gouvernements européens dans les violations graves de droits de l’homme commises contre les étudiants normaliens, puisqu’ils ont signé des traités de collaboration avec le Mexique en matière de sécurité et de commerce, ce qui signifie la vente d'armes et la formation de la police et de l'armée mexicaine, et ce malgré que les droits de l’homme continuent d'être violés au Mexique.
De même, la délégation demandera le soutien de la société civile européenne pour renforcer le processus d’organisation de l’École normale d’Ayotzinapa , pour obtenir des garanties réelles afin que de tels événements ne se reproduisent plus, l’une des demandes centrales, après la présentation en vie des étudiants disparus, justice pour les étudiants assassinés et réparation pour les blessés. « Nous cherchons des garanties réelles pour que cela ne se reproduise plus, et nous savons que nous devrons les construire nous‐mêmes, avec les peuples et les communautés, avec les organisations sociales et les collectifs. Nous ne pouvons pas demander ces garanties aux mêmes institutions gouvernementales qui ont commis ces violations des Droits de l’Homme », a assuré Omar Garcia, membre du Comité étudiant d’Ayotzinapa, en préalable à la tournée.

Il a également dit : « À cette occasion, nos interlocuteurs en Europe seront les organisations sociales, les collectifs, les médias libres, la société civile organisée. Nous venons les remercier de leur soutien et insister sur la nécessité, comme communautés et sociétés d’en bas, de continuer à nous organiser pour transformer une fois pour toutes ce système de pouvoir et de corruption construit sur la dépossession, le mépris, l’exploitation et la répression contre nos peuples. Nous devons le faire ensemble, depuis nos lieux d’origine, coordonnés et organisés. Comme les puissants ont globalisé la dépossession, nous avons le devoir sacré de globaliser la résistance, la digne rage et la joyeuse rébellion ».

mercredi 1 avril 2015

Mexique (cas d’Ayotzinapa) : face à la digne rage, le lynchage gouvernemental et médiatique

@libérons-les 

LIBRESYA
Le 20 novembre dernier, la colère, la rage et la détermination ont de nouveau fait irruption dans les rues de plusieurs villes mexicaines et étrangères. La quatrième journée globale pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus du fait de l’État mexicain résonnait un peu partout.
Les slogans s’accumulent les un après les autres donnant ainsi naissance à un positionnement politique qui rejette les abus de pouvoir, la corruption et les liens profonds de l’État mexicain avec le crime organisé et le narcotrafic.
Plus de 150 000 personnes sont sorties dans les rues pour crier encore et encore : « Rendez-les nous vivants ! », « Nous sommes tous Ayotzinapa ! », « C’est un coup de l’État ! », « Peña Nieto dégage ! ».
À Mexico la marée humaine couvrait le béton de la ville, la place centrale – « le Zocalo » – était remplie d’hommes, de femmes, d’enfants… Les familles mexicaines sont sorties parce que les enfants disparus, ce sont aussi les leurs.
Au nord du pays, dans l’État de Sonora, environ 5000 manifestants ont occupé le Congrès local ce même jeudi 20 novembre. Parmi les manifestants étaient présents l’Assemblée étudiante de l’Université de Sonora, les pères et les mères des enfants morts en 2009 lors de l’incendie de la garderie ABC provoqué par des négligences puis couvert par le gouvernement. Roberto Zavala, père de Santiago Jesús, l’un des enfants décédés lors de l’incendie de la Garderie ABC, a déclaré : « 104 ans après la Révolution Mexicaine qui est née à Sonora l’exigence de justice renaît aujourd’hui dans ces terres, dans une nouvelle Révolution. » (1)
Le Mexique s’est de nouveau réveillé, les appels à la solidarité continuent, de nouvelles manifestations et mobilisations sont en cours, et ce malgré le discours féroce « de rappel à l’ordre » du président Peña Nieto lors d’une cérémonie des forces armées. Ce dernier a pointé du doigt tous ceux qui portent atteinte aux institutions, après avoir fait remarquer que dans un État démocratique comme le Mexique « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Le président a ajouté : « Les Mexicains disent non à la violence », « La société comme le gouvernement repoussent catégoriquement n’importe quelle tentative pour la provoquer ou l’encourager ! ». Alors que la vérité éclate autour de l’implication et de la responsabilité avérée des militaires dans l’assassinat de 22 civils à Tlatlaya, État de Mexico, le président signale que « sous aucun prétexte la loyauté, la noblesse et la vocation du service des forces armées ne peuvent être mises en doute. » (2)
Mais de quelle violence parle le chef de l’État ?
Alors que plus de 180 000 personnes ont été assassinées au milieu d’une guerre, sous le feu croisé des militaires, des paramilitaires, des policiers et des narcotrafiquants.
Alors que six personnes ont été assassinées par la police municipale d’Iguala et que 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.
Alors que des fosses communes clandestines sont découvertes toutes les semaines.
Alors que chaque jour il devient de plus en plus clair que l’État est impliqué directement dans le crime organisé et le trafic de drogue.
De quelle violence parle le chef du gouvernement ?
Quand le 15 novembre la police entre en toute impunité à l’Université Autonome du Mexique et tire sur les étudiants.
Quand les autorités mènent une véritable persécution contre les jeunes, les militants, la population toute entière.
Quand ces mêmes autorités menacent les parents des 43 étudiants disparus pour les faire taire.
Quand les arrestations sont systématiques et massives depuis son investiture présidentielle en 2012.
Quand des millions de personnes survivent à peine alors que le président a mis en vente et privatisé le pays par le biais de réformes structurelles mises en place en un temps record.
Quand le président et sa femme possèdent une maison d’une valeur de 7 millions de dollars, appelée il y a peu de temps « la maison blanche » (3) alors que le salaire minimum des Mexicains est d’environ 60 pesos (3 euros) par jour.
… Mais de quelle violence parle-t-il ? !
Aujourd’hui, les onze personnes arrêtées pendant la manifestation du 20 novembre ont été transférées dans des prisons de haute sécurité, punies pour renforcer ce mot d’ordre hypocrite du gouvernement : « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Ces personnes qui manifestaient sont aujourd’hui accusées d’émeute, d’« association de malfaiteurs », de tentative de meurtre. Toutes ont été menacées, frappés, mal-traités et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.
Comme lors des manifestations contre l’investiture de Peña Nieto en 2012, la presse vendue et le gouvernement recommencent à mettre en place une campagne médiatique de lynchage en qualifiant les manifestants de « radicaux », de « déstabilisateurs », d’« encagoulés », d’« infiltrés », et en ciblant plus particulièrement les groupes anarchistes. Dernièrement, dans la presse, la diabolisation et la criminalisation des anarchistes ou des personnes proches réapparaissent férocement. Un article liste même les noms des activistes ou militants anarchistes en les présentant comme les responsables de tous les maux. Nous sommes particulièrement inquiets des signalements mensongers que la presse a fait de notre compagnon Mario Gonzalez, récemment libéré, et de notre compagnonne Nuria Roxana Ramírez Solano. Nous restons attentifs à ces faits et lutterons contre cette campagne médiatique grâce à nos propres médias alternatifs, pour que l’esprit de révolte qui fleurit un peu partout au Mexique et ailleurs se développe encore. No pasaran !
Nous sommes tous Ayotzinapa !
Nous les voulons vivants de retour à la maison !
Liberté immédiate aux prisonnier-e-s !
Halte au lynchage médiatique et à la criminalisation des luttes !
Les trois passants /correction Valérie